Comme dans d’autres pays industrialisés avancés, en France, le vieillissement démographique est devenu un sujet de recherche et de politique largement débattu. Cet article offre un bref aperçu des principales tendances liées au vieillissement en France. L’article décrit la démographie française du vieillissement, explore les questions politiques clés, décrit le champ institutionnel de la recherche en gérontologie sociale en France et, enfin, pointe vers plusieurs problèmes émergents concernant le vieillissement. En France, ces questions incluent le vieillissement actif et en bonne santé, l’amélioration des connaissances sur certains segments vulnérables de la population âgée et l’adaptation du paysage urbain et des infrastructures au vieillissement de la population. Au niveau le plus large, l’un des points clés formulés dans cet article est qu’en France, la recherche sur le vieillissement est dominée par l’État, mais elle est dispersée et compartimentée.

Cet article offre un bref aperçu des principales tendances liées au vieillissement en France. Il décrit la démographie française du vieillissement, explore les questions politiques clés, dresse la carte du champ institutionnel de la recherche en gérontologie sociale en France et, enfin, souligne plusieurs problèmes émergents liés au vieillissement. L’un des points clés formulés par la suite est que la recherche sur le vieillissement est dominée par l’État français, mais qu’elle est dispersée et compartimentée, ce qui constitue un défi crucial pour la société vieillissante d’aujourd’hui. Cette dispersion de la recherche française sur le vieillissement est liée à l’absence d’une stratégie de coordination cohérente mise en œuvre par une organisation unique et légitime officiellement chargée de la planification de la recherche sur le vieillissement dans le pays.

Tendances de la population

Au milieu des années 2000, la France se situait près de la moyenne de l’Union européenne (UE), avec environ 16% de la population âgée de 65 ans et plus. Son pourcentage de population âgée de 65 ans et plus était supérieur à celui de l’Irlande (11%) et des Pays-Bas (13%), mais inférieur à celui de l’Italie (18%; Gaymu, 2005 , p. 12). Au cours des prochaines décennies, la part de la population française de 65 ans et plus augmentera régulièrement pour atteindre environ 25% en 2030 et près de 30% en 2050. Le poids démographique des 85 ans et plus augmentera encore plus rapidement d’environ 1 million de personnes au milieu des années 2000 à environ 2,5 millions en 2030. Enfin, au cours de la même période, le nombre de centenaires va probablement quadrupler, passant d’environ 15 000 à 60 000 ( Gaymu, 2005 , p. 12).

Le déclin de la fécondité est l’un des deux principaux facteurs de cette tendance au vieillissement. Comme la plupart des autres pays industrialisés avancés, du milieu des années 1960 au milieu des années 1970, la France a connu une forte baisse de l’indice synthétique de fécondité (ISF), passant d’environ 2,8 à 1,8 enfants par femme. La situation s’est ensuite stabilisée et la France n’a jamais vu l’ISF tomber en dessous de 1,6, une situation qui s’est produite dans d’autres pays européens tels que la Hongrie, l’Italie, la Pologne et l’Espagne. En fait, «depuis 1975, l’ISF est presque stable, autour de 1,8 enfant par femme, avec une légère diminution au début des années 1990 et une légère augmentation depuis 2000» ( Toulemon, Pailhé et Rossier, 2008 , p. 507) l’ISF a atteint 1,92 en 2005 ( Toulemon et al., 2008p. 510). Cette augmentation de l’ISF s’est poursuivie pendant la deuxième partie de la décennie, même après le début de la grande récession. En 2010, par exemple, l’ISF atteignait «2,00 enfants par femme, un niveau inégalé depuis la fin du baby-boom il y a plus de 35 ans» ( Pison, 2011 , p. 1). Bien que des recherches sur le sujet soient nécessaires pour étayer cette affirmation, on pourrait émettre l’hypothèse que l’existence d’avantages sociaux complets – comprenant les congés parentaux payés, les allocations familiales et l’allocation de naissance) – explique pourquoi les jeunes citoyens peuvent décider d’avoir des enfants pendant une récession, le soutien de l’État étant beaucoup moins incertain que les perspectives du marché du travail. De manière plus générale, la longue tradition française en matière de politique publique favorable à la famille et, plus récemment, les améliorations apportées à la garde d’enfants et aux prestations familiales facilitant l’équilibre travail-famille sont susceptibles d’expliquer cette augmentation de la fécondité. Des recherches futures sont nécessaires pour s’attaquer à ce problème afin d’évaluer la validité de cette hypothèse, qui établit un lien entre la fécondité et la programmation sociale. Au-delà de ce problème, nous devons toutefois garder à l’esprit que l’ISF de la France reste inférieur au taux de reproduction net (2.1) et qu’il contribue au vieillissement de la population dans ce pays.

En France, comme dans d’autres pays, l’augmentation de l’espérance de vie est l’autre facteur majeur du vieillissement de la population. Cette augmentation est une tendance historique à long terme. Par exemple, de 1800 à 1900, l’espérance de vie moyenne à la naissance en France est passée de 30 à environ 45 ans ( Pison, 2005 , p. 1). En 2004, après une augmentation constante qui a débuté immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, l’espérance de vie moyenne à la naissance a atteint 80 ans. Comme aux États-Unis et dans de nombreux autres pays industrialisés avancés, les Françaises vivent en moyenne plus longtemps que leurs homologues masculins ( Pison, 2005).p. 2) En ce qui concerne l’espérance de vie au-delà de 65 ans, sur les 27 pays de l’UE, la France se classe au premier rang pour les femmes (23,4 ans) et les hommes (18,9 ans), bien que le score pour les années en bonne santé soit moins favorable, la France ne se classant qu’au 12e rang pour femmes (9,8 ans) et 15ème position pour les hommes (9 ans) ( Eurostat, 2012 ).

Un élément clé de l’information démographique qui fait largement défaut en France concerne la diversité ethnique croissante de la population âgée. Cette question est difficile en France et les données sur les minorités ethniques ne sont pas aussi largement disponibles qu’aux États-Unis, en partie parce que les questions du recensement français ne font pas référence à l’appartenance ethnique ou à la «race». Cette situation est liée à une forte opposition politique contre « statistiques ethniques », comme on les appelle en France, qui découle de la culture politique universaliste« daltonienne »qui est au cœur du modèle républicain français. Il y a un débat en cours sur les «statistiques ethniques», dans lequel des défenseurs de l’universalisme politique s’opposent à la collecte de données de recensement sur les caractéristiques ethniques des citoyens ( Simon, 2008).) Ce débat transcende la question du vieillissement de la population mais, comme le savent de nombreux chercheurs, le vieillissement ne constitue pas une expérience «daltonienne» et la connaissance de cette réalité peut avoir des implications politiques directes ( Williams & Wilson, 2001 ). Néanmoins, selon les estimations de l’Institut Montaigne, en 2004, environ 9% de la population française était d’origine nord-africaine, 3% d’origine africaine («noire») et 1% d’origine asiatique. Le reste de la population (87%) était de race blanche ( The Economist, 2009 ).

Défis politiques

Réforme des retraites

Le système français moderne d’assurance vieillesse, un vaste système d’assurance sociale financé principalement par des cotisations salariales, a été mis en place immédiatement après la Seconde Guerre mondiale ( Guillemard, 2000 ; Palier, 2002 ). La fragmentation institutionnelle est caractéristique de ce système, qui prévoit des régimes distincts pour les travailleurs du secteur privé et ceux du secteur public, ainsi que pour les catégories professionnelles non rémunérées telles que les agriculteurs et les membres des professions libérales (médecins, avocats et notaires).

Le système de retraite français offre des taux de remplacement relativement élevés (c’est-à-dire le pourcentage du salaire d’un travailleur qu’il peut recevoir en tant que pension de vieillesse). Par exemple, bien que la pension de base ait un taux de remplacement de 50% sous le plafond de cotisation, les taux de remplacement réels sont beaucoup plus élevés lorsque les pensions professionnelles complémentaires sont prises en compte. Par exemple, une étude de 2004 a révélé que les personnes nées en 1934 avec un historique complet des cotisations reçues l’équivalent de plus de 75% de leur dernier salaire en pension totale ( Coëffic, 2004 ). Cette réalité, conjuguée à l’existence d’une «pension minimum» pour les retraités à faible revenu, explique en grande partie pourquoi la France a réussi à réduire la pauvreté des personnes âgées. En 1970, plus de 25% des ménages âgés vivaient dans la pauvreté (Institut national de la statistique et des études économiques [INSEE], 2001 ). Au milieu des années 2000, moins de 10% des personnes âgées de 65 ans et plus étaient touchées par la pauvreté. Ce résultat était nettement meilleur que celui observé dans des pays tels que la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni ( Zaidi, 2009 ). Il convient de noter que les modifications du système de retraite adoptées par les gouvernements français successifs depuis les années 1990 devraient favoriser une baisse du taux de remplacement moyen, ce qui pourrait entraîner une augmentation de la proportion de personnes âgées à faible revenu.

Si le système de retraite français parvient à lutter contre la pauvreté et à offrir des taux de remplacement élevés aux retraités, il ne réussit pas à contrôler les coûts. En France, par exemple, en 2007, les dépenses de retraite publiques représentaient 12,5% du produit intérieur brut (PIB), soit près de deux fois la moyenne de l’Organisation de coopération et de développement économiques ( OCDE, 2011 ). Ce qui exacerbe la vulnérabilité du système de retraite français en cette période de vieillissement accéléré de la population est sa difficulté à réduire le départ précoce des travailleurs âgés du marché du travail. À l’heure actuelle, les hommes et les femmes quittent en moyenne le marché du travail à l’âge de 59 ans, ce qui «compte parmi les plus bas de la zone de l’OCDE» ( OCDE, 2011 , p. 1). Le report de l’âge moyen du départ à la retraite est depuis longtemps un enjeu politique majeur en France (Guillemard, 2003 ).

Pour contrôler les coûts des retraites et encourager les travailleurs à différer leur retraite, les gouvernements français successifs ont tenté, avec plus ou moins de succès, d’augmenter le nombre d’années de cotisation nécessaires pour pouvoir prétendre à une retraite publique complète ( Béland & Marier, 2006).). Avant une réforme majeure qui a eu lieu en 1993, les travailleurs ne devaient cotiser que pendant 37,5 années au total pour pouvoir prétendre à des prestations de retraite normales. Au début de 2012, ce nombre était de 41 ans. En ce qui concerne les travailleurs du secteur public, une réforme majeure promulguée en 2003 a réduit l’écart entre leurs pensions et celles des travailleurs du secteur privé et a homogénéisé la durée de la période de cotisation requise pour pouvoir prétendre à une pension complète. En 2010, une nouvelle réforme des retraites a été mise en place afin de relever progressivement l’âge minimum d’éligibilité de 60 à 62 ans ( La documentation française, 2010) Cependant, après l’élection présidentielle de mai 2012, le nouveau gouvernement socialiste a annoncé une série de mesures permettant aux travailleurs qui ont commencé leur carrière avant l’âge de 20 ans et qui ont contribué au programme pendant au moins 41 ans et demi de prendre leur retraite à 60 ans avec tous les avantages ( Chastand, 2012 ). .

Santé, soins de longue durée et bien-être

À la différence des États-Unis, la France ne dispose pas d’un programme d’assurance public ciblant spécifiquement les personnes âgées, comme Medicare. Au lieu de cela, la France dispose d’un système d’assurance maladie fragmenté qui n’est devenu pleinement universel qu’en janvier 2000, avec la mise en œuvre de la loi de 1999 sur la couverture universelle des soins de santé. Le plus grand régime d’assurance maladie en France ( régime général ) couvre la majeure partie de la population, mais les plus petits régimes couvrent des catégories telles que les indépendants et les agriculteurs / travailleurs agricoles. Cette fragmentation professionnelle est similaire à celle qui prévaut dans la politique des retraites et dans d’autres pays d’assurance sociale tels que l’Allemagne ( Sandier, Paris et Polton, 2004).p. 8). Bien que ce système de santé fonctionne bien, la France ne réussit pas aussi bien que d’autres pays à maîtriser ses coûts. En 2010, le pays a consacré l’équivalent de 11,6% de son PIB aux soins de santé, soit beaucoup moins que les États-Unis (17,6% du PIB) mais nettement plus que la moyenne de l’OCDE, qui représentait 9,5% du PIB ( www.oecd.org / health / healthdata ).

En France comme ailleurs, le vieillissement de la population crée de nouveaux défis pour le système de santé, à la fois pour contrôler les coûts et pour répondre aux nouvelles demandes de la société. Bien que cela va bien au-delà de la réforme traditionnelle des soins de santé, les soins de longue durée en France sont devenus l’un des problèmes les plus cruciaux de la politique sociale. Dans le discours politique français, les soins de longue durée sont liés au concept de «dépendance», qui est compris comme le «cinquième risque» auquel sont confrontés les individus et les familles. Le gouvernement français définit le «cinquième risque», en relation avec les quatre autres risques sociaux et économiques couverts par le système français d’assurance sociale traditionnel (maladie, insécurité familiale, vieillesse et accidents du travail), comme un «risque de dépendance» ou «Risque de perte d’autonomie» ‘(site Web du gouvernement français cité dans Le Bihan et Martin, 2011, p. 48). Un programme d’assistance sociale a été créé en 1997 pour répondre aux besoins en soins de longue durée des personnes âgées à faibles revenus (Prestation Spécifique Dépendance). En 2002, ce programme a été remplacé par le programmeAllocation personnalisée d’autonomie , un système universel distinct de l’approche d’assurance sociale adoptée en Allemagne au milieu des années 90 ( Le Bihan & Martin, 2011 ). Quant à la couverture du «cinquième risque» à l’aide du système d’assurance sociale, elle reste un sujet largement débattu dans les milieux politiques français.

En 2003, la vague de chaleur a créé une onde de choc politique majeure en France, entraînant la mort de 15 000 personnes âgées. L’accès limité à la climatisation, ainsi que la pollution urbaine, l’isolement social et le manque d’expérience dans la gestion de ces vagues de chaleur ont entraîné une déshydratation et une exposition excessive au soleil, responsables en grande partie du nombre élevé de victimes. À la suite de la vague de chaleur, des efforts ont été déployés pour traiter certains de ces problèmes et trouver des moyens d’éviter de futures catastrophes liées à la chaleur. De plus, à un niveau plus large, cet épisode traumatique a contribué à faire du vieillissement une priorité dans l’agenda politique. En partie à cause de cela, le gouvernement français a lancé un ambitieux plan de vieillissement et de solidarité (2003-2006), qui prévoit des investissements massifs pour la construction ou la rénovation de maisons de retraite, ainsi que pour le développement de nouveaux services de soins de longue durée. En outre, une autre initiative lancée en 2003 a consacré plus de 9 milliards d’euros à l’amélioration des soins de santé et des soins à domicile des personnes âgées. Plus tard dans la décennie, d’autres initiatives politiques françaises visant à améliorer la qualité de vie des personnes âgées comprenaient une campagne nationale contre la maltraitance envers les personnes âgées et le «Bien Vieillir» (2007-2009)Age Well ) Plan national visant à promouvoir le vieillissement en bonne santé des personnes âgées de 55 à 75 ans.

De nombreuses autres initiatives en matière de politique de santé publique ont également été lancées en France pour améliorer le bien-être des personnes âgées et traiter les principaux problèmes liés au vieillissement. Un plan quinquennal Alzheimer (2008-2012) a été lancé pour soutenir la recherche, améliorer les soins, informer et mobiliser les citoyens sur ce sujet. Ce plan comprend la création d’une fondation de recherche dédiée à la maladie d’Alzheimer ( http://www.fondation-alzheimer.org ). En outre, l’État français a lancé d’autres initiatives de santé publique pouvant toucher directement les personnes âgées, sans nécessairement les cibler directement. Ces initiatives comprennent un plan contre la douleur ( Plan Douleur, 2006-2010 ), un plan de soins palliatifs (2008-2012) et un plan de prévention du suicide (2011-2014).

Instituts de recherche en gérontologie

En France, l’État est de loin la plus grande source de soutien à la recherche et d’expertise sur le vieillissement ( Béland et Viriot Durandal, 2003 ). Par exemple, l’Institut national de statistique et d’études économiques (INSEE) est la principale source de données de recensement et d’enquêtes socio-économiques ( http://www.insee.fr/en/ ). Outre l’Institut national de statistique, l’Institut national d’études démographiques (INED), qui mène des recherches sur les tendances démographiques en France et à l’étranger ( http://www.ined.fr). et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale [Inserm]), qui se consacre exclusivement à la recherche liée à la santé (http://www.inserm.fr/ ). Globalement, l’État est extrêmement actif dans la recherche démographique, économique et sociale, ce qui explique pourquoi ses acteurs jouent un rôle aussi central dans la recherche gérontologique française. Dans le domaine de la santé publique, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé a été créé en 2002. Cet institut financé par l’État ne se concentre pas exclusivement sur le vieillissement, mais fonctionne comme un cours de la vie. unité de recherche et participe aux principaux programmes sur le vieillissement en bonne santé ( http://www.inpes.sante.fr/default.asp ).

Un autre aspect spécifique de la recherche gérontologique française est la participation directe et étendue à la recherche d’agences d’assurance sociale autonomes. Un exemple typique de cet arrangement institutionnel est la recherche sur le vieillissement parrainée et diffusée par la Caisse Nationale d’Assurance-Vieillesse, qui publie Retraite et Société , une revue réputée consacrée à la retraite et aux retraites. recherche. La Caisse Nationale Solidarité Autonomie, qui est un fonds fiduciaire dédié aux soins de longue durée en France, soutient la recherche et la diffusion dans ce domaine politique ( http://www.cnsa.fr/ ).

Les universités sont également censées être des institutions clés autour desquelles la recherche est organisée. Outre les universités, les institutions d’élite ( grandes écoles)), tels que l’École des hautes études en santé publique, sont directement impliqués. Un autre acteur majeur de la recherche en France qui participe à certaines recherches universitaires sur le vieillissement est le Centre national de la recherche scientifique, financé par l’État, dont l’objectif est de promouvoir l’excellence de la recherche en France. Ces remarques ne sauraient masquer le caractère épars et sous-développé de la recherche universitaire française sur le vieillissement, problème que les réformes dans les universités françaises et la recherche n’ont pas réussi à résoudre. Après avoir tenté de mieux organiser la recherche au début des années 2000, la France n’a pas réussi à créer un cadre institutionnel véritablement intégré pour organiser un programme de recherche national complet sur le vieillissement, à moyen et à long terme. Aucun équivalent à l’Institut national du vieillissement n’a été doté de ressources suffisantes pour mettre en œuvre un programme d’action intégré similaire à celui associé à cette institution américaine. Au lieu de cela, les priorités de recherche pour la prochaine décennie n’ont été définies qu’au niveau européen, dans le cadre du programme Futurage discuté ultérieurement. Dans cette perspective, une opportunité a été manquée pendant les années sarkozyques (2007-2012) d’améliorer la recherche universitaire sur le vieillissement en France, qui reste dispersée et mal intégrée, du moins du point de vue des pays. dans le cadre du programme Futurage discuté par la suite. Dans cette perspective, une opportunité a été manquée pendant les années sarkozyques (2007-2012) d’améliorer la recherche universitaire sur le vieillissement en France, qui reste dispersée et mal intégrée, du moins du point de vue des pays. dans le cadre du programme Futurage discuté par la suite. Dans cette perspective, une opportunité a été manquée pendant les années sarkozyques (2007-2012) d’améliorer la recherche universitaire sur le vieillissement en France, qui reste dispersée et mal intégrée, du moins du point de vue des pays.

Les sociétés savantes jouent également un rôle direct dans le développement de l’expertise française en matière de vieillissement. La Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG) est un acteur clé à cet égard; http://www.sfgg.fr/), l’équivalent français de la Gerontological Society of America (GSA). SFGG constitue un important bassin d’expertise disponible pour le gouvernement français, car les membres les plus haut placés sont proches des décideurs et sont généralement consultés dans le cadre du processus de formulation de la politique de vieillissement. Contrairement à la GSA, toutefois, la SFGG a longtemps mis l’accent sur des questions médicales et biologiques et s’est efforcée au cours des années d’inclure la recherche en sciences sociales dans ses domaines de recherche principaux. Parallèlement, l’Association française de sociologie a créé en 2003 un réseau de sociologie du vieillissement afin de promouvoir la recherche en gérontologie sociale. Néanmoins, ces initiatives laissent encore la recherche en gérontologie sociale sous-développée institutionnellement et très fragmentée.

Les fondations non gouvernementales constituent un autre type d’acteur institutionnel dans la recherche française sur le vieillissement. Comme indiqué précédemment, la France n’a pas d’équivalent de l’Institut national américain du vieillissement. Cependant, la Fondation nationale de gérontologie (FNG) regroupe des acteurs de premier plan en gérontologie, notamment des décideurs publics et des professionnels. Le FNG possède le plus grand centre de ressources vieillissant en France; il est impliqué dans les principaux réseaux de vieillissement européens et nationaux et publie la revue Gérontologie et société (2011). Au cours de la dernière décennie, des sociétés privées telles que la compagnie d’assurance AXA ou la banque HSBC, qui ont un intérêt à accroître les connaissances sur le vieillissement, ont également parrainé des recherches sur le vieillissement. Enfin, des organisations à but non lucratif telles que la Fondation Médéric Alzheimer ( http://www.fondation-mederic-alzheimer.org/ ) encouragent la recherche sur des problèmes de santé et de politique spécifiques liés au vieillissement.

Au cours des deux dernières décennies, l’UE a affecté la recherche liée au vieillissement en France. À titre d’exemple, des organismes de recherche français tels que l’INED ont participé à des projets de recherche européens tels que «Les conditions de vie futures des personnes âgées en Europe», qui évaluaient la situation et les besoins sociaux des personnes âgées dans 10 pays de l’UE de 2003 à 2006. Le projet de recherche MAGGIE intitulé «Le vieillissement et l’égalité des sexes en Europe» identifie et analyse des indicateurs de la qualité de vie des 65 ans et plus afin de mettre en évidence les disparités entre les sexes et leurs facteurs »( http://maggie-project.org/). L’enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe, un «panel multidisciplinaire et transnational constitué de microdonnées sur la santé, le statut socio-économique et les réseaux sociaux et familiaux de plus de 55 000 personnes» est un autre projet européen clé auquel participent des chercheurs français. personnes originaires de 20 pays européens âgés de 50 ans ou plus »( http://www.share-project.org/ ). Ces exemples, qui s’inscrivent dans une tendance beaucoup plus large, suggèrent l’européanisation de la recherche à grande échelle sur le vieillissement menée par de grands organismes de recherche nationaux tels que l’INED de l’INSERM.

L’émergence de réseaux européens intégrés et d’agendas à moyen et à long terme dans la recherche liée au vieillissement, tels que le programme Futurage ( http://futurage.group.shef.ac.uk/ ), a facilité la création d’interactions transnationales. sur les cadres de recherche sur le vieillissement par le biais de consultations avec les principaux acteurs du monde universitaire et de la recherche. Cependant, cette européanisation ne peut masquer ni réduire la fragmentation institutionnelle de la recherche en gérontologie sociale en France et en Europe. Cela est particulièrement évident dans le système universitaire français, où des initiatives isolées ne compensent pas l’absence de stratégie de recherche nationale et intégrée.

Problèmes émergents et conclusion

En raison de l’espace limité, parmi les nombreux problèmes émergents liés au vieillissement auxquels la France est confrontée, nous n’en aborderons que plusieurs. Premièrement, la question du vieillissement actif et en bonne santé est pertinente aux niveaux français et européen. Le partenariat pilote européen d’innovation pour un vieillissement actif et en bonne santé promeut un vieillissement en bonne santé, actif et indépendant afin d’améliorer la durabilité et l’efficacité des systèmes sociaux et de soins de santé. Il soutient également les marchés émergents liés au vieillissement. L’ambition de ce partenariat européen est d’augmenter la durée de vie moyenne en bonne santé de 2 ans d’ici 2020. L’évaluation des programmes de politique publique conçus pour atteindre cet objectif ambitieux devrait bientôt devenir un sujet de recherche clé en France et ailleurs en Europe. Dans ce contexte,Rialle, 2007 ). En 2007, la Société française des technologies pour l’autonomie et les technologies gérontales a été créée avec le soutien de la SFGG ( http://www.sftag.fr/). Deuxièmement, pour relever ce défi et améliorer la qualité de la vie des personnes âgées, il est urgent d’améliorer les connaissances sur certains segments vulnérables de la population âgée française. MAGGIE a mis en lumière la situation des femmes âgées, mais d’autres segments de la population âgée sont exclus des projets de recherche existants ou sont en grande partie sous-étudiés. Par exemple, quel est le sort des personnes âgées sans abri et comment l’État peut-il leur fournir un meilleur soutien social et en matière de santé? Comment la France peut-elle contribuer à une meilleure compréhension des besoins des adultes handicapés confrontés aux défis supplémentaires de la vieillesse? Une autre population importante qui reste peu étudiée en France est le nombre croissant de personnes âgées issues de l’immigration et des minorités. Après des années de négligence relative,Gérontologie et société, 2011 ). Dans ce contexte, la France s’oppose à sa longue tradition universelle en matière de droits de l’homme, qui remonte à la révolution de 1789, en essayant de réduire l’écart entre les droits formels des citoyens plus âgés et la manière dont certains d’entre eux sont traités dans la vie quotidienne.

Troisièmement, l’adaptation des villes et des territoires au vieillissement de la population constitue un autre défi pour la France et de nombreux autres pays ( Viriot Durandal, Pihet et Chapon, 2012 ). La longue tradition de planification gérontologique en France, associée au programme international de l’Organisation mondiale de la santé sur les villes amies des aînés (AFC), ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche sur l’impact du vieillissement sur les transformations locales des espaces, des territoires et des services ( http : //www.who.int/ageing/age_friendly_cities_network/ ). C’est pourquoi, en janvier 2012, un réseau francophone pour AFC a été créé à Dijon afin de partager les expériences en matière de planification urbaine entre les villes.

En évaluant et en relevant les défis du vieillissement de la population tels que ceux décrits précédemment, la France bénéficie d’une longue tradition de planification étatique. Cependant, cette tradition politique est largement absente du domaine de la recherche en gérontologie, qui reste très dispersé. Cela est vrai parce que la France n’a pas encore formulé de stratégie cohérente et globale dans ce domaine. Parce que le gouvernement français n’a pas réussi à résoudre systématiquement ce problème, la Société française de gériatrie et de gérontologie a mis en place des groupes de travail pour traiter ce problème, mais seul le temps nous dira si ces efforts seront couronnés de succès. Plus généralement, bien que la consolidation des réseaux européens de recherche et de politiques soit un signe encourageant, il reste encore beaucoup à faire

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